Val Parisis, terre de vins et d’eaux minérales

©Jean-Yves Lacôte/Val Parisis

Val Parisis, terre de Ginglet

La viticulture est un marqueur fort du terroir passé des communes de Val Parisis. A Sannois par exemple, le domaine viticole communal représentait plus de 223 hectares en 1870 et apportait du travail à la moitié des habitants. A Ermont, les vignes existaient bien avant la guerre de Cent Ans et à la Révolution, elles occupent encore le tiers de la surface cultivable, soit 107 hectares environ. A Saint-Leu-la-Forêt, la vigne reste la principale culture pratiquée sur la commune jusqu’au début du 20e siècle. Mais à la fin du 19e siècle et au 20e siècle, cette vigne d’Ile-de-France disparaîtra peu à peu, victime de maladies (phylloxéra), de l’urbanisation et de la concurrence d’autres crus souvent de meilleure qualité, pour la majorité issus du sud de la France.

Cette viticulture est cependant toujours présente dans des lieux-dits : à Ermont, les « Vignolles » ; à Taverny, les « Bonnes Vignes » ; dans l’armorial de certaines communes : à Ermont, un cep de vigne ; à Cormeilles et à La Frette, une grappe de raisin; à Herblay, trois serpettes de vigneron; dans l’architecture : à Bessancourt, le portail de l’église Notre-Dame porte des ceps de vigne et des vignerons (il fut refait en 1860). Il reste même parfois le nom de certains clos : à Ermont, « Le Clos des Barbiers » et « Les Laisnés ».

C’est pour maintenir cette tradition que certaines villes de la vallée de Montmorency ont souhaité renouer avec celle-ci en replantant de petites vignes, comme à Ermont, Sannois, Saint-Leu-la-Forêt, Saint-Prix, Taverny, pour n’en citer que quelques-unes ; refaire un peu de vin de pays, comme avec « Le clos-Jouan » à Ermont et même se réapproprier une fête de vendanges comme c’est le cas à Ermont depuis 1987 (source : Association Valmorency) ou à Taverny.

La fête des vendanges est d’ailleurs une tradition bien inscrite sur le territoire de Val Parisis : si les communes possédant une vigne communale proposent chaque année cette manifestation (Ermont, Sannois, Taverny), une ville comme Beauchamp qui ne détient plus de vignoble sur son territoire propose également une fête des vendanges chaque automne (marché de vignerons, producteurs locaux, animations diverses).

Val Parisis, terre d’eaux minérales 

Un temps renommée Claire-fontaine après la Révolution, Saint-Leu-la-Forêt bénéficie de nombreuses sources sillonnant la colline. En 1896, l’industriel Auguste Méry y installe d’ailleurs une entreprise d’embouteillage d’eau minérale : l’eau de la source Méry, dite « Eau de Saint-Leu » est rapidement reconnue et notamment primée à l’exposition universelle de Paris en 1900. Le site était parfaitement agencé pour recevoir les visiteurs dans une atmosphère de station thermale avec une buvette, de pompeux emblèmes de rochers et de bouteilles. Par changement de propriétaires, la société put perdurer (avec plus de 10 millions de bouteilles produites à son apogée) jusqu’en 1973 et sa fermeture par les Eaux d’Evian.

Plusieurs vestiges de cet ensemble industriel subsistent aujourd’hui au 70 rue du Château, avec le bâtiment de la Maison pour Tous Pierre Boudinet (ancienne usine d’embouteillage réaménagée), l’ancien restaurant  Les portes du Prince (construit par Méry à l’emplacement d’un hangar de stockage) avec une entrée  de faux rochers - au-dessus de laquelle se trouvait à l’origine une enseigne portant une grande bouteille d’eau de Méry -, le rocher de la source situé dans une propriété privée au fond de l’allée de la Source (source : Syndicat d’initiatives Saint-Leu-la-Forêt).

A Montigny-lès-Cormeilles, la source située sur le flanc des buttes du Parisis fut exploitée dès 1932 avec une production qui atteignit plus de 9 millions de bouteilles et son célèbre slogan : « Boire de l’eau de Montigny, c’est prolonger la vie ». Suite à l’arrêt de l’exploitation au début des années 2000, le site fut transformé en un espace vert valorisant la présence de la source par quelques aménagements (canal, petite cascade, plan d’eau). L’eau aujourd’hui présente n’est plus potable.

Vigne et moulin à Sannois
Vignes de Taverny