Face à l’illettrisme, vous n’êtes pas seuls

La campagne officielle de mobilisation 2018, pour la 5ème édition des Journées nationales d’action contre l’illettrisme porte le mot d’ordre : « face à l’illettrisme, vous n’êtes pas seuls. » 

Un double enjeu : montrer aux 2,5 millions de personnes concernées dans notre pays vers qui elles peuvent se tourner pour trouver des réponses à leurs besoins, au plus proche de chez elles, et montrer aux acteurs locaux qu’ils ne sont pas seuls à agir, que de nombreux partenaires s’engagent à leurs côtés pour faire reculer ce phénomène et mieux le prévenir.

Les journées nationales d’action contre l’illettrisme entendent porter largement ce message, et mettre en avant les solutions proposées par de nombreux acteurs du champ de la formation, de l’entreprise, de l’action sociale, culturelle, citoyenne, éducative, etc.
Du 8 au 15 septembre 2018, les manifestations inscrites sous la bannière commune des Journées nationales d’action contre l’illettrisme seront le reflet de cette richesse et de cette diversité.

Chacun peut aujourd’hui s’associer à ce mouvement, partager les visuels de la campagne, diffuser l’information et contribuer à ce changement de regard.

Fidèle à son souhait de refléter l’engagement de ceux qui ont trouvé le courage de sortir de cette situation, l’ANLCI a proposé à des personnes qui ont suivi une formation aux savoirs de base de participer à la réalisation de cette campagne. Ce sont des apprenants de l’association Clé (Compter, lire, écrire) d’Ermont (95) qui ont répondu à cet appel, animés par le désir de partager leur réussite, et de montrer à d’autres que l’on peut entrer à tout âge dans un parcours pour sortir de l’illettrisme.

Dans le cadre des Journées nationales d’action contre l’illettrisme (JNAI) du 8 au 15 septembre 2018, ils témoignent. Sortis de l’illettrisme, ils ont accepté de poser pour la campagne des Journées nationales d’action contre l’illettrisme 2018 et parlent aujourd’hui des raisons de cet engagement.

Patrick

"  C’est ma responsable qui m’a parlé la première d’une aide possible. Je suis agent de voirie, et elle m’a dit : « tu sais Patrick, tu as des difficultés avec l’écrit, pour lire les consignes ou par exemple pour calculer des surfaces, des distances, mais tu peux travailler sur ces savoirs. » J’ai travaillé sur la lecture, l’écriture, le calcul, et je suis même passé par l’atelier théâtre pour parler moins vite, mieux articuler. J’ai témoigné dans une conférence, pour partager mon expérience."

Gelitha

" J’arrivais à lire un petit peu mais j’avais de très grandes difficultés à écrire. Ce sont mes enfants qui remplissaient les papiers administratifs. Je portais cette honte depuis longtemps, et une amie m’a parlé d’une association qui pouvait m’aider dans le quartier. Je me suis sentie tout de suite à l’aise chez eux, et j’ai envie aujourd’hui de dire à d’autres : « pressez-vous, ne perdez pas de temps, on peut apprendre, même à 90 ans ! "

Bernard

" C’est après un divorce que j’ai décidé d’agir, en me disant : « si tu ne te bouges pas, personne ne le fera pour toi. » C’est ma femme qui s’occupait de tous les écrits, je ne pouvais pas lire un document, remplir un papier, encore moins lire un livre. Il est important aussi que nous puissions témoigner, dire aux autres de ne pas se démotiver, qu’on peut vraiment réapprendre et évoluer, j’en suis fier aujourd’hui. "